Mon corps, que mon esprit s'imagine engourdi,
Gît sur le sable, heureux, délié du servage :
Quelles fêtes, le grain délicat de la plage,
L'embrun, les flaques d'or, les rubans de varech,
L'odeur du large ! Il n'est plus mien. Il joue avec
Ces grands êtres, le vent, le ciel, la mer, la terre ;
Il retrouve leur beau langage élémentaire,
Que l'esprit, tout guidé sur l'abstrait, n'entend plus.
Du rire des cailloux roulés par le reflux
Au bond des flots rentrant dans la grotte qui gronde,
Il écoute le chant des premiers jours du monde,
Ravi de se savoir si neuf et primitif,
D'être tiré du même fond que le récif
Ou du même tissu que l'onde aux vertes moires ;
Il n'est plus chair, il n'est plus sang : il est mémoire.
Fernand Dauphin, Les Allégresses
L’APRÈS-MIDI SUR LA GRÈVE
mercredi 16 juillet 2008. Lien permanent
Douceur du sable chaud ! Plénitude ! Paresse !
On savoure à longs traits l'immense après-midi.
On savoure à longs traits l'immense après-midi.
